Un café de légende (du VTT)

Elle est l'une des coureuses les plus réputées du VTT féminin aux États-Unis (elle a fait son entrée au Hall of Fame du VTT en 2013) et l'une des bikers vedettes à avoir couru au sein de la Clif Pro Team, avec laquelle elle travaille encore dans le domaine des relations publiques et des réseaux sociaux. Nous parlons de Marla Streb, une vraie légende du cyclisme et une chef d'entreprise heureuse grâce au succès d'un nouveau concept de local qui associe restauration et vélos : le HandleBar Cafe, le premier et unique vélo-café de Baltimore.

Le local, inauguré début 2017, comprend un restaurant-bar, un atelier de vélos et une zone d'exposition. Le tout occupe (ou plutôt se mélange sur) près de 650 mètres carrés. Il s'agit sans nul doute d'un lieu atypique et original, avec une ambiance 100 % cycliste. Vous pouvez y prendre votre petit-déjeuner pendant que des réglages sont effectués sur votre vélo, avant de prendre la route ; ou déjeuner pendant que l'on vous conseille sur le modèle Orbea le plus adapté à vos besoins.

Nous avons rencontré Marla pour parler de cette idée originale, mais aussi évoquer le passé, le présent et le futur du VTT…

Comment avez-vous eu cette fabuleuse idée de mélanger le concept de café et de boutique de vélos ?

Pendant les années où j'ai couru sur le circuit de la coupe du monde, j'ai vu des cafétérias mixtes qui partageaient l'espace avec une boutique de vélos. J'adorais le fait d'arriver avec mon vélo et de me détendre en dégustant un bon café, sans utiliser d'antivol. J'aimais aussi l'ambiance et la connexion immédiate qui s'établissait avec d'autres clients passionnés de vélo.

Mais, lorsque Mark, mon mari, à découvert le Mojo Cafe de San Francisco, en Californie (50 % boutique et atelier de réparation de vélos, 50 % cafétéria avec licence pour la vente de boissons alcoolisées), nous avons pensé que nous pouvions faire quelque chose de similaire. Nous savions que mon expérience et mes contacts dans le monde du cyclisme pourraient nous être utiles, ainsi que les connaissances de Mark en matière de gestion de bars et de restaurants.

Quels ont été les défis les plus importants que vous avez dû relever pour que tout cela devienne réalité ?

1-Déménager à Baltimore et acheter un bâtiment de 650 mètres carrés, à une époque où ne disposions pas de liquidités.

2-Obtenir un prêt (ce qui est presque impossible pour une ex-sportive professionnelle).

3-Modifier la distribution du bâtiment et obtenir les autorisations et les licences nécessaires.

4-Trouver des associés pour le financement.

5-Nous charger nous-mêmes de la construction après la faillite de notre entrepreneur.

Combien de temps a passé entre le moment où vous avez eu cette idée et l'ouverture du local ?

Nous avons eu l'idée en 2010 et nous avons mis 6 ans pour la réaliser.

Comment s'est passé le premier jour ?

Une inauguration modeste, avec peu de personnes. Mais c'est ce que nous voulions, car nous étions en train de former le personnel et nous n'étions pas totalement prêts.

Comment les habitants de Baltimore ont-ils accueilli le HandleBar Cafe and Bike Shop ?

Au début, ils ont eu un peu de mal à comprendre notre concept (nous avons eu aussi beaucoup de mal à obtenir les autorisations et les prêts), car la ville fonctionne un peu à l'ancienne. De nombreuses personnes ne s'étaient pas rendu compte que la cafétéria est également une boutique et un atelier de réparation de vélos, et certaines ont pensé qu'elles ne pouvaient pas entrer sans vélo.

Êtes-vous satisfaite de l'accueil ?

Oui, maintenant nous sommes toujours complets ! Les gens adorent le lieu, et notre famille et nos amis nous ont énormément aidés.

Quel est le profil de vos clients ?

Cela dépend un peu du jour et de l'heure, mais la majorité des clients sont attirés par nos plats délicieux, nos fabuleuses boissons et l'ambiance très agréable. Les cyclistes qui nous rendent visite sont surtout des habitants de la ville qui se déplacent en vélo pour aller au travail.

La majorité sont-ils des cyclistes qui s'arrêtent pour boire un café ou qui prennent un café et jettent un coup d'œil sur les vélos ?

Cela arrive en effet assez souvent et faisait partie dès le départ de notre stratégie commerciale.

Quels vélos de la gamme Orbea vendez-vous ?

La plupart sont des vélos urbains. Nous vendons surtout des modèles Vector et Urban 10. Nous avons aussi vendu quelques vélos de montagne haut de gamme, notamment l'Occam. Les sentiers du coin sont excellents, mais ils sont loin et il faut s'y rendre en voiture (près de 15 minutes), ce qui explique que nous ne vendons pas beaucoup de vélos de montagne… encore.

Existe-t-il d'autres établissements similaires aux États-Unis ou peut-on dire qu'il s'agit d'un lieu unique ?

Il y en a dans l'Ouest, mais aucun comme le nôtre : d'une part, la boutique et l'atelier de réparation de vélos, et, d'autre part, un restaurant avec une licence pour servir des boissons alcoolisées, dont la propriétaire et la gérante a remporté la Coupe du monde…

Comment se déroule une journée ordinaire au HandleBar Cafe and Bike Shop ?

La plupart du temps l'activité est très stable, avec des pointes au moment des repas. Il arrive que nous accueillions ou organisions des événements spéciaux, notamment des collectes des fonds, des « happy hour », des premières de films, des excursions en vélo, etc. Ce sont des moments très agréables.

Avez-vous pensé à ouvrir d'autres établissements similaires ou celui-ci vous prend-il déjà tout votre temps ?

Mark veut en ouvrir un autre dans le nord de la Californie ou à Washington DC, dans un ou deux ans. Mais, je préfère finir d'équiper notre voilier avec les enfants et faire du vélo. Mais, si nous trouvons un bon associé dans l'ouest, je serais partante et je me rendrais tout de suite chez Marin.

Au niveau personnel, quel est votre modèle Orbea préféré ?

Mon Oiz de 26″.

Lesquels avez-vous essayés et quelle est votre évaluation générale ?

De 1 à 10 : Occam 10, Orca carbone 10, Rallon 10, Alma 10, Oiz 11.

Parlons un peu de VTT : quelle a été l'évolution depuis vos premières courses en tant que professionnelle ?

Maintenant, j'aborde les courses (enduro) plus tranquillement, mais mon trajet quotidien jusqu'au café est aussi intense que mes premières courses, dans les années quatre-vingt-dix. J'attends toujours la dernière minute pour sortir de chez moi, alors je dois battre mon record sur Strava pour arriver à temps…

Quelles ont été les évolutions clés au cours des dernières années : celles concernant les éléments inhérents au VTT (vélo, composants, etc.) ou les techniques d'entraînement, le rendement, etc. ? Et pourquoi ?

Les vélos. La suspension et les composants sont toujours plus complexes et je suis chaque fois étonnée lorsque j'essaie une nouvelle Fox Shox. Le rendement est probablement similaire et les techniques d'entraînement sont un peu plus basées sur les données, mais les sportifs doivent toujours pédaler lorsqu'ils montent sur leur vélo. Toute cette surcharge de moyens et le besoin de tout partager peuvent atténuer un peu le pur plaisir de rouler, mais les sportifs professionnels seront toujours motivés par le besoin d'améliorer leurs résultats et de conserver leurs sponsors.

En ce qui concerne l'évolution des vélos : quel est selon vous le changement essentiel de ces dernières années ?

Actuellement, la suspension et l'électronique (vitesses, blocage, etc.) sont incroyables. Mais en même temps, tout cela augmente la complexité et ajoute des pièces fragiles (lesquelles peuvent souffrir, en particulier dans la boue) et cela nous oblige à rechercher une prise entre chaque course.

Comment voyez-vous l'évolution du marché du VTT au cours des prochaines années ?

Il va continuer à se développer, parce que les gens vont de plus en plus avoir besoin de se connecter à la nature. Néanmoins, la tendance en faveur des privilégiés qui peuvent accéder aux parcs et aux sentiers va persister. Quant aux vélos, ils intégreront toujours plus d'électronique, des roues plus légères et le retour au 27,5″.

Et le VTT féminin ?

Il progresse, car les femmes sont des êtres très sociaux et les bikers les plus influentes sont en train de fonder des clubs très grands. De plus, la NICA contribuera à la promotion de ce sport parmi les jeunes.

Comment les gens se souviennent-ils de vous aux États-Unis ?

Ils ont probablement le souvenir d'une personne un peu téméraire pour l'époque…

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