Starykowicz : « Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais osé imaginer revenir à ce niveau »

« Le problème ne réside pas dans la violence de la chute, mais dans la force avec laquelle tu te remets sur pied ». C'est avec ce mantra en tête qu'Andrew Starykowicz a réussi à atteindre un objectif à la portée de très peu de personnes : participer à un Ironman huit mois seulement après avoir été percuté par un véhicule et parvenir à battre pour la troisième fois de sa carrière le record du segment cycliste (4h1’14’’). Il s'agit d'une prouesse digne d'un phénix du triathlon et un magnifique exemple de dépassement de soi qui lui a valu le surnom de « Revenant ».

Avant tout, félicitations pour ton impressionnant retour : comment te sentais-tu pendant la course du Texas ?

J'étais le type le plus heureux de toute la course. Le but était d'aborder l'épreuve comme une compétition ordinaire jusqu'à l'apparition d'une fatigue excessive ou d'une douleur annonciatrice d'un risque de lésion. Je me récupérais encore des lésions au niveau du dos et de la partie inférieure de la jambe gauche, alors il fallait se montrer très prudent et savoir faire la différence entre une douleur susceptible de causer des dommages et les petites gênes qui font partie de ma vie quotidienne. Alors, j'ai simplement tout donné tant que le corps me le permettait et après j'ai décidé de me promener.

Photo: photosbyaaron


Quelle a été ta dernière pensée avant de participer à l'Ironman ?

J'ai pensé que j'étais très heureux de pouvoir prendre le départ.

Franchir la ligne d'arrivée d'un Ironman après 8 mois de récupération… c'était incroyable !

C'est vrai. J'ai ressenti une très forte émotion. Même à mon pire ennemi je ne souhaite pas de vivre ce que j'ai vécu au cours des 8 mois précédents. Et le simple fait de pouvoir prendre le départ, c'était déjà un succès, sans parler de ce que j'ai ressenti en franchissant la ligne d'arrivée…

Que t'ont dit les fans pendant le marathon, alors que, comme tu le dis toi-même, tu avais déjà tout donné et qu'ils voyaient que tu étais fatigué ?

Les fans du triathlon sont super amusants. Certains pourraient penser que mes fans sont un peu « givrés », mais pour moi ce sont mes fans. Des garçons et des filles qui passent leur weekend comme il se doit, à déguster une bière et à encourager leurs athlètes préférés dans un sport qu'ils adorent.

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Après l'entraînement et la récupération de ces derniers mois, tu pensais être capable de récupérer ton meilleur niveau sur un vélo le jour même de ton retour ?

Peut-être dans mes rêves les plus fous, mais pas dans les normaux (rires)

On avait l'impression qu'entre l'Ordu et toi le temps s'était arrêté…

Oui, et encore, c'était seulement la quatrième fois que je montais sur le vélo dans un contre la montre. Je l'ai enfourché et j'ai décollé à une vitesse folle.

À quel moment t'es-tu rendu compte que tu pouvais battre à nouveau le record du segment de vélo de l'Ironman ?

C'était une motivation secondaire.  Mon principal objectif était de prendre le départ et de me sentir bien.  Tant que je me sentais bien, sans aucune douleur annonciatrice d'un type de lésion, je pouvais maintenir le niveau de puissance et ma position aérodynamique.

Tu pensais être capable de descendre sous les 4 heures dans le segment de vélo d'un Ironman ?

1:15 semble très peu, mais cela équivaut à plus d'un demi-mile ou un kilomètre. Si vous le divisez par plus de quatre heures, c'est très très long !  Mon objectif est de gagner des courses. Et en étant le plus rapide sur le vélo, j'ai de bonnes chances d'y parvenir. Je préfère réaliser un temps de 4:35 et gagner qu'un temps de 3:59 et perdre.  Cela sera amusant de descendre sous les 4, mais lorsque j'y arriverai, je veux m'assurer la victoire.

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Tu as dû recevoir une multitude de messages de soutien pour ton retour. Quel a été le message, le tweet ou le whatsapp le plus émouvant ?

J'ai reçu des messages de soutien incroyables. Non seulement de la part des Age Group Superfans, mais aussi d'autres professionnels.  C'est difficile de choisir le message le « plus spécial », mais s'il fallait le faire, je choisirais ceux qui m'ont été envoyés pendant que mon fils se trouvait en soins intensifs pendant la plus grande partie de ses dix premières semaines de vie.

Après la course, j'ai répondu à, disons, plus de 600 messages par téléphone, courrier électronique et messages directs à travers les réseaux sociaux.

Et ta petite fille, qu'a-t-elle dit ?

Ce qui est super c'est que ma fille est si jeune qu'elle ne comprend pas tout ce qui est arrivé au cours des huit derniers mois.  Elle me dit tout le temps : « Papi, alleeeeeez », pour que je la prenne dans mes bras, et pendant une grande partie de ces huit derniers mois, je ne pouvais pas le faire à cause des fractures que j'avais au niveau des vertèbres… C'est vraiment très dur de voir ta fille te demander de la prendre et de lui dire que tu ne peux pas.  Mais peu à peu, nous avons travaillé et réussi à surmonter tout ça.  Maintenant, elle me dit seulement « plus fort » quand elle monte dans la remorque pour aller à la garderie.

Te rappelles-tu la première fois que tu as roulé sur ton Ordu ? Comment s'est passé ce premier entraînement ?

Oui, je roulais sur le vélodrome un jour où il y avait beaucoup de vent et la température avoisinait les 2 °C et j'avais du mal à conserver la position aérodynamique. C'est un vélo très rapide et j'ai pris un grand plaisir à rouler à nouveau à grande vitesse. Mais je n'ai pas pu rouler très longtemps, parce que même si je me sentais bien sur le vélo, mon corps n'était pas encore prêt pour la position aérodynamique.

Qu'est-ce qui a été le plus dur au cours de ces longs mois ?

Les défis que nous avons dû affronter avec notre fils.

As-tu pensé que tu ne pourrais pas revenir ?

Oui, et je me demande encore si je retrouverai un jour la force nécessaire pour gagner une autre course. Soyons clairs : le « retour » N'EST PAS ACHEVÉ.  Je viens à peine de commencer.  Pour moi, finir un Ironman ne signifie pas grand-chose. Je veux gagner des courses, alors jusqu'à ce que je les gagne à nouveau sur des terrains exigeants pour les professionnels, je ne pourrais pas dire « je suis de retour ».

Et à l'inverse, quand as-tu commencé à envisager le retour ?

Tous les jours depuis que j'ai pu remonter sur le vélo pendant la rééducation.

Mais, quand as-tu décidé que tu étais prêt à franchir le pas de l'Ironman du Texas ?

Le 21 mars, j'ai décidé que j'étais prêt pour terminer l'épreuve et mes entraîneurs étaient convaincus que je devais le tenter.

Ta famille t'a sans doute beaucoup soutenu pendant toute cette période…

Bien sûr, le triathlon est un vrai sport d'équipe.  Ma femme et moi, nous avons vécu un enfer au cours des quatre derniers mois : mon accident, la réanimation cardiopulmonaire dont mon fils a plusieurs fois eu besoin et les dix semaines qu'il a passé en réanimation… C'est difficile de trouver les mots pour décrire ce que nous avons vécu. Je n'aurais jamais pu commencer à penser à revenir sans l'aide de mon épouse, ma famille, mes voisins et mes amis.  Des amis de l'école venaient même à la porte de la maison pour me saluer et me demander ce qu'ils pouvaient faire pour m'aider. Sans oublier bien sûr mes entraîneurs et ma kinésithérapeute. Je ne pourrai jamais assez les remercier de tout ce qu'ils ont fait pour moi.  Sans eux, je n'y serais jamais arrivé.

« Le problème ne réside pas dans la violence de la chute,mais dans la force avec laquelle tu te remets sur pied ». Pendant ces 8 mois si difficiles, cette phrase a été très importante pour toi.

C'était mon mantra.  C'est comme quand Lady Gaga chante, « J'ai 100 millions de raisons de partir, mais chéri, une seule bonne raison me suffit pour rester ».  Personne ne m'en aurait voulu de laisser tomber, après tout ce que j'ai vécu pendant les cinq dernières années, mais je sais que je peux rouler très vite et que je suis bon  Je sais que si la chance est avec moi, si la santé est bonne et si je m'entraîne bien, je peux entrer dans la légende. C'est pour cette raison que j'essaie de me rétablir jusqu'à atteindre mon niveau optimal.

Lors de ta deuxième épreuve, après ton retour (Ironman 70.3 de Monterrey), tu as réalisé un autre record. Quelles ont été tes sensations pendant cette course ?

J'aurais aimé avoir les mêmes jambes qu'au Texas, car le spectacle aurait été incroyable.

Et maintenant, après Monterrey, quelle est la prochaine étape ?

Je dois recommencer à zéro et récupérer ma puissance. Je dois me remettre en forme pour courir et nager, et après m'entraîner à fond pour acquérir du rythme et de la vitesse.

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