Miguel Ángel Estandía : « Ce qu'il y a de meilleur chez Orbea, ce sont les personnes »

À la fin de l'année 2017, celui qui a été pendant près de 30 ans notre Directeur Industriel: Miguel Ángel Estandía. L'enfant qui allait attendre avec sa mère la sortie de son père de l'usine Orbea, pour ensuite faire une promenade dans la ville d'Eibar, avant notre déménagement sur l'emplacement actuel de Mallabia. Le garçon qui, pendant ses études, a commencé à travailler chez Orbea pendant l'été, au début des années 1970 « pour gagner un peu de sous ». Le professionnel qui pendant trois décennies a été chargé de la production chez Orbea, devenant ainsi l'un des principaux responsables de notre présence dans 56 pays.

Miguel Ángel a consacré toute sa vie professionnelle à Orbea. Il fait partie de l'Histoire d'Orbea, avec une majuscule, et il mérite amplement toute notre reconnaissance. Laquelle passe par le rappel de son parcours professionnel à l'occasion de l'entretien que vous pouvez lire ci-dessous:

Sur les deux photos de gauche, Miguel Ángel pendant la cérémonie de présentation de notre nouvelle usine au Portugal, en 2012. À droite, au travail à son bureau, la veille de son dernière jour à Mallabia.


Les débuts

Vous deviez déjà aimer les vélos étant enfant.

Oui, bien sûr, comme tout le monde. Je pense que nous avons tous voulu avoir un vélo.

DVotre père travaillait dans l'usine Orbea, alors installée à Eibar, j'imagine donc que vous aviez un vélo Orbea ?

Évidemment, c'était inévitable (rires). J'avais un vélo de course blanc, comme on en faisait dans les années 1970. Je devais avoir entre 13 et 14 ans lorsque j'ai fini par l'avoir. À l'époque, avoir un vélo, c'était presque du luxe. Tout le monde ne pouvait pas se le permettre et encore moins un ouvrier ordinaire, alors j'ai eu du mal à l'obtenir. En fait, « il a été fabriqué pendant plusieurs années ». Je dis ça parce que je demandais toujours à mon père un vélo et lui me répondait : « C'est que maintenant nous travaillons sur telle partie du vélo… ». Puis, après quelque temps, je lui demandais à nouveau et il me répondait : « C'est que maintenant nous travaillons sur telle autre partie du vélo… ». Et ainsi, il noyait le poisson… jusqu'au jour ou le vélo est arrivé.

Vous êtes entré chez Orbea au début des années 1980, c'est bien ça ?

Oui, j'ai commencé comme vacataire, en 1980, et en 1981 j'étais devenu membre à part entière. Auparavant, lorsque j'étais à l'école, vers 14-15 ans, j'avais déjà travaillé chez Orbea de temps en temps : pendant l'été, vers le milieu des années 1970, travailler chez Orbea nous permettait de gagner quelques sous. On allait là-bas et on travaillait pendant l'été, un mois environ, pour gagner quelques sous, pour partir ensuite faire du camping ou aller où l'on pouvait.

Comment s'est passé le premier jour ?

Très fatigant (rires). Ce n'était pas à cause du travail en lui-même, mais parce qu'on restait debout pendant beaucoup d'heures (nous travaillions jusqu'à dix heures et quart, avec une pause). De plus, à l'époque, Orbea fabriquait peu de modèles et chaque modèle représentait beaucoup d'unités. Alors nous travaillions toute la journée avec le même vélo : à la fin, qu'on le veuille ou pas, c'était un peu monotone…

Le travail chez Orbea était-il comme vous l'aviez imaginé, selon ce que vous racontait votre père ?

Quand j'ai été embauché, mon père était déjà en préretraite à cause de problèmes de santé, alors nous n'avons jamais travaillé ensemble. Mais j'ai travaillé avec la génération de mon père et ils m'ont accueilli chaleureusement, alors tout s'est bien passé. Au fil des années, j'ai aussi travaillé avec les enfants des collègues de mon père et parfois avec leurs petits-enfants, alors quand on parle de « la famille Orbea », ce n'est pas simplement une image.

Miguel Ángel en compagnie de son père, Ángel Estandía, et de son frère, Ramón Estandía, en 2015. Cette année-là, Ángel était revenu chez Orbea au mois de mai pour participer à la préparation du livre du 175e anniversaire.


Directeur industriel d'Orbea : les défis majeurs

Et comment êtes-vous passé du montage de l'Orbea Furia à occuper le poste de directeur industriel d'Orbea ?

Comme beaucoup d'autres collègues de ma génération chez Orbea, j'ai eu la chance de me trouver au bon endroit au bon moment. Vers 1985, je suis passé au département de la Qualité, dont j'ai été responsable pendant un certain temps. Puis, en 1988, j'ai accédé au poste de directeur industriel.

Pendant quasiment 30 ans. Depuis, Orbea a changé de fond en comble.

L'entreprise a énormément changé après le déménagement d'Eibar à Mallabia. Depuis, nous avons poursuivi la transformation, en modifiant et en faisant évoluer les choses constamment pour les adapter aux besoins de chaque époque. Je dis souvent que « tout a changé, sauf le sol et les murs », car nous avons rénové jusqu'au plafond… Ce qui est vrai, c'est que nous n'avons jamais arrêté la fabrication, c'était une condition préalable à tout changement.

Sans parler de la façon dont ont changé les vélos que nous fabriquons.

Ils n'ont plus rien à voir. Depuis les « fers lourds » qui étaient fabriqués à mes débuts ou les vélos pour grandes surfaces que nous avons réalisés par la suite… jusqu'aux vélos haut de gamme, exclusifs, personnalisés… que nous faisons maintenant… plus rien à voir. C'est ce pari qui nous a permis de franchir le pas pour être aujourd'hui présents dans 56 Pays et obtenir des bénéfices depuis 22 ans consécutifs.


“Tout a changé, sauf le sol et les murs”

Avez-vous pris plaisir à être le directeur industriel d'Orbea ?

Oui, l'organisation industrielle est un sujet qui m'a toujours passionné. Tout comme le rapport aux personnes, le fait de former une équipe avec les personnes qui travaillent dans l'usine pour atteindre les objectifs fixés.

De plus, pendant toutes ces années, Orbea a fait preuve d'un dynamisme à toute épreuve, alors je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer : il y a toujours eu de nouveaux défis à relever. Et puis, j'ai toujours aimé travailler et stimuler les personnes, afin qu'elles évoluent parallèlement à l'entreprise. Finalement, même s'il y a eu des moments de tension ou de pression, comme c'est souvent le cas au niveau de la production, nous avons bien travaillé et pris plaisir à le faire.

Selon vous, quelle a été votre principale contribution au succès d'Orbea ?

Plus qu'une contribution, je dirais que mon travail a été tout d'abord apprécié pour mon engagement avec les personnes dans le but d'atteindre les objectifs. Tout le reste n'est que la conséquence de cet effort commun. Cela me procure une grande satisfaction.

En haut à gauche, Miguel Ángel avec le président du gouvernement basque, Iñigo Urkullu, lors de la célébration du 175e anniversaire d'Orbea. En dessous, il pose avec tout le personnel d'Orbea au Portugal. À droite, photo d'archive.

Quel a été le défi le plus difficile à relever ?

Aujourd'hui, cela peut sembler un peu ridicule, parce que tout le monde le possède, mais à l'époque, l'obtention du certificat de qualité d'AENOR a été une grande satisfaction au niveau personnel et professionnel (c'était un objectif prioritaire au sein de MCC). N'oubliez pas que nous avons été le premier fabricant de vélo au monde à obtenir ce label, vers 1990.

D'autres succès ont suivi : le développement de l'aérographe, les ouvertures d'usines en Chine (aujourd'hui fermées) et le développement de LusOrbea, notre usine au Portugal…

Le fait de parvenir à souder nous-mêmes les cadres de nos équipes professionnelles, avec un poids inférieur à un kilo, a été un superbe défi à relever. C'était à l'époque où Orbea était sur le point de passer aux vélos haut de gamme. Alors, voir que le cadre que nous avions soudé était utilisé par Iban Mayo, qu'il se battait contre les meilleurs sur le Tour de France, c'était vraiment particulier.

L'introduction du carbone a été également une étape clé…

À titre d'anecdote, je me souviens que nous avons commencé avec un lot de 500 cadres, et certains disaient : « J'espère qu'on va réussir à tous les vendre »… Finalement, ils sont partis en un mois. Orbea est restée fidèle à cet état d'esprit depuis plus de 20 ans : stimuler l'innovation, essayer d'obtenir le bon produit et travailler constamment avec les fournisseurs pour l'améliorer, ainsi qu'avec les distributeurs pour prêter un service rapide et de qualité.

En haut à gauche, l'un des derniers cadres Orca avec lesquels l'équipe Euskaltel Euskadi a couru. En dessous, l'usine d'Orbea en Chine, actuellement fermée. À droite, Miguel Ángel (accroupi, en bas à gauche) pendant l'une des journées techniques organisées avec plusieurs distributeurs d'Orbea vers le milieu des années 1990.

Si vous pouviez revenir en arrière… Que feriez-vous autrement ?

En fait, je n'y ai jamais pensé. Mais une chose est sûre, c'est que chaque fois que nous nous sommes embarqués dans un projet difficile, je me jurais ensuite : « c'est la dernière fois » (rires). Jusqu'à la prochaine fois… puis, encore une autre…

L'avenir

Depuis votre arrivée, qu'est-ce qui a le plus changé : Orbea ou le vélo lui-même?

Les deux. Pendant de nombreuses années, le vélo n'a pas changé, mais l'évolution technologique des 15 dernières années a été incroyable. Je me souviens que lorsqu'on a commencé à intégrer des gaines dans les guidons… nous pensions : « que vont-ils encore inventer ensuite ! » Quoi d'autre ? Et bien, regardez : cadres, matériaux, composants… le vélo électrique…

Et Orbea a également énormément changé. Nous avons parfois pensé : « Si l'un des travailleurs des années 1980 revenait et voyait ce que nous faisons aujourd'hui, il serait stupéfait ». D'ailleurs, lorsque nous avons fêté en 2015 le 175e anniversaire certains sont venus et ont dit : « Je n'arrive pas à y croire ». Surtout le produit final, car le montage est à nouveau manuel à cause de l'importance que nous donnons à la personnalisation des vélos.

Comment imaginez-vous Orbea dans 10 ans ?

Je pense qu'elle va beaucoup grandir, toujours plus axée sur les vélos haut de gamme et ouvrant la voie, car il reste encore un long chemin, aux vélos électriques. Je me souviens que la dernière fois que j'ai visité Eurobike, en 2012, j'ai pensé : « Mais que se passe-t-il ici? Il n'y a que des vélos électriques de montagne ». Ce vélo qui semblait pensé uniquement pour faire une promenade ou les courses est devenu un vélo pour faire du sport.

Quels sont vos souvenirs les plus chers après toutes ces années chez Orbea ?

Je me répète, mais ce qu'Orbea a de meilleur et ce que je j'emporterai avec moi, ce sont les personnes qui travaillent et qui ont travaillé ici avec moi. J'ai toujours de bonnes relations avec les personnes qui travaillaient à mes débuts et j'espère faire de même avec celles qui y travaillent maintenant. Cette proximité avec les gens et l'esprit d'équipe sont mes meilleurs souvenirs. Tout ce que nous avons réalisé n'aurait pas pu l'être sans la collaboration des équipes avec lesquelles j'ai travaillé. Sans elles, rien n'aurait été possible.

En haut à gauche et sur l'image de droite, personnel d'Orbea dans notre usine de Mallabia. En bas à gauche, Miriam Bengoetxea (Innovation Project Manager), Miguel Ángel et Jesús Manuel Rico (responsable des entrepôts). À droite, Miguel Ángel dans l'usine de Mallabia à côté d'Aitor Juaristi (le responsable de la qualité d'Orbea, à droite de Migue Angel) et Aitor Larrañaga (responsable du montage, à sa gauche).

Tout au long de notre conversation, vous avez constamment mis l'accent sur l'importance des personnes…

C'est que pour moi, la capacité que nous avons eu chez Orbea de tirer parti des compétences de nos employés dans les différents départements de l'entreprise a été cruciale : le fait de les transférer là où les besoins étaient plus importants et de faire en sorte que les plus capables puissent évoluer au sein de l'entreprise. Au cours des années, nous avons réalisé notre propre reconversion. Au fur et à mesure de la disparition des certains départements en raison de l'évolution du secteur ou de la technologie, nous avons formé et orienté le personnel pour qu'il puisse continuer à travailler chez Orbea. Cela fait partie de nos valeurs.

Quel conseil donneriez-vous au prochain Miguel Angel Estandía ?

Qu'il n'oublie pas de diriger et de déléguer. Quelle que soit la façon de travailler, l'atout clé des entreprises reste leur capital humain, tirer un parti optimal de chaque personne qui en fait partie et lui donner la possibilité de démontrer tout son potentiel. Et d'être patient et de persévérer.

Votre meilleur jour ou le jour le plus heureux chez Orbea ?

Ils sont nombreux. Peut-être celui où j'ai commencé à travailler en tant que directeur industriel… mais je savais aussi que cette satisfaction serait de courte durée, parce que dès ce moment-là je n'allais plus m'arrêter, et c'est ce qui s'est passé. J'étais aussi très heureux le jour où nous avons reçu la certification de qualité d'AENOR. Pour moi, c'était très important, à cause du travail réalisé et de tout ce que cela signifiait. Il faut savoir que je venais de la Qualité et que j'ai toujours affirmé que ma fonction était de faire « beaucoup » et « bien ». Ainsi, je me suis toujours soucié autant du « bien » que du « beaucoup », c'est pourquoi cette reconnaissance a été particulièrement importante à mes yeux. À l'époque, Orbea avait besoin de ce changement et de tout ce qu'impliquait la certification, pour montrer au marché une évolution en termes de qualité.

“Si vous aimez le vélo et en plus vous travaillez chez Orbea… Que demandez de plus “

Et maintenant, qu'allez-vous faire ? Comment sera votre première journée après Orbea ? Quels sont vos projets ?

Et bien, j'ai toujours aimé l'art (peinture, sculpture, gravure, etc.), et avant de commencer à travailler chez Orbea, j'étais déjà très intéressé par ces sujets. Je vais donc tenter de me diriger dans cette voie. Je veux approfondir mes connaissances et l'université me semble le lieu idéal pour le faire. Je suis en train d'y travailler et j'espère commencer à étudier dès l'année prochaine.

37 ans chez Orbea : que peut bien avoir cet endroit de si particulier pour qu'on y entre pour ne plus le quitter ?

Je ne sais pas, mais un grand nombre de personnes qui entrent ici… restent. Je ne sais pas si cette ambiance inocule un germe particulier, mais il y a sûrement quelque chose… (rires). Plus sérieusement, d'une part le produit est séduisant, très plaisant à travailler. D'autre part, beaucoup d'employés sont des amateurs de cyclisme avertis. Alors, si vous aimez le vélo et en plus vous travaillez chez Orbea… Que demandez de plus ?

si te apasiona la bicicleta y además trabajas en Orbea… pues ¿qué más quieres?

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