Miguel Madariaga: L’âme de la Fondation Euskadi

L’espoir d’une équipe professionnelle basque est devenu une réalité le jour où Miguel Madariaga a pu donner corps à la Fondation Euskadi, le brise-lames des cyclistes et du cyclisme basques. Dans ce projet, dès le premier jour, Orbea a été le partenaire et le soutien de Madariaga. Il se souvient de ses liens avec le vélo et de ses débuts, qui remontent à son enfance : « Enfant, j’habitais dans une ferme et dans les années soixante-dix le vélo était le meilleur mode de transport pour les gens modestes. Avec un vélo, on pouvait aller partout. J’avais un vélo Orbea, un véritable fer, un vélo de promenade, sans vitesses, je crois me souvenir qu’il avait un 18 à l’arrière. J’ai appris à en faire en mettant le pied sous le cadre lorsque mes pieds n’atteignaient pas les pédales. Mon père m’affubla de semelles supplémentaires pour que je puisse toucher les pédales ».

Qui est Miguel Madariaga ?

Miguel Madariaga a consacré toute sa vie au cyclisme et a toujours rêvé de devenir cycliste. J’ai toujours été impliqué dans le cyclotourisme avant d’intégrer la Fondation. Ma plus grande expérience a été la formation d’équipes. Il y a 39 ans, ce fut la première, une équipe juvénile à Mungia. Depuis, j’ai toujours travaillé dans le milieu du cyclisme, en engrangeant une expérience unique qui m’a servi un jour pour intégrer le cyclisme professionnel. Alberto Pradera, président du Conseil général de Biscaye, m’a invité à diriger un projet qui visait à donner une issue au cyclisme basque depuis nos escapades vers le Tour.

Que faisiez-vous avant d’intégrer la Fondation ?

Je faisais partie de l’équipe d’assistants de Teka, je dirigeais aussi les amateurs du Teka et du Super Ser. Puis j'ai évolué et j'ai complété ma forma­tion dans le milieu en réalisant des cours sur l’alimentation. Dans les années quatre-vingt-dix, je me suis rendu compte qu’il manquait quelque chose au cyclisme basque et nous avons commencé à travailler sur ce concept.

Comment sont nées les conversations pour créer la Fondation Euskadi ?

Lors d’un voyage sur le Tour de France, dans une cafétéria de Lourdes si ma mémoire est bonne, accompagné du président Pradera et de quelques amis, nous avons commencé à parler de la situation du cyclisme basque. Nous nous trouvions devant tous les bus des équipes. Y compris celui de Pedro Delgado, si mes souvenirs sont exacts. Nous regrettions que beaucoup de cyclistes basques ne puissent pas participer malgré leur niveau, parce qu’il n’y avait pas moyen d’aller de l’avant. Nous avons alors réalisé que nous avions besoin d’une équipe basque pour résoudre le problème. Je travaillais à cette époque pour le Conseil général et nous avons gagné en confiance. Nous avons organisé plusieurs réunions dans le bureau de Pradera et nous sommes parvenus à la conclusion que la meilleure solution était de créer une fondation et de constituer une équipe professionnelle. Je n’avais envisagé à aucun moment d’être le président du projet. J'ai travaillé avec Juan Carlos Urrutxurtu, responsable de la presse et secrétaire du président, mort très jeune.

Puis, vous vous êtes mis au travail.

La fondation a vu le jour en même temps que celle de l’Athletic. Pour atteindre les 4 500 membres (nous en avons aujourd’hui environ 1 600, car certains se sont désinscrits), nous avons rédigé des statuts qui expliquaient que les coureurs devaient être nés ou avoir été formés au Pays basque. D’une certaine manière, les membres devaient sentir que nous étions la seule solution pour le cyclisme basque. Et nous voilà aujourd’hui, 22 ans après, dont les trois dernières années en solitaire depuis que nous avons été écartés de l’Euskaltel-Euskadi à travers la création d'une structure indépendante de la nôtre.

Et vous avez démarré…

En 1993, la Fondation a commencé son travail et l’année suivante nous é­tions déjà sur les routes. Nos étroites re­lations avec Orbea ont débuté avec le lancement de la Fondation. Nous connaissions déjà les produits de la marque, qui avait même monté une équipe professionnelle quelques années au­paravant. Elle était très bien équipée. Après avoir formé l’équipe, nous avions besoin d’équipement. C’est pourquoi j'ai contacté Jon Fernández, qui s'est chargé de tout pour que notre collaboration soit un succès. Nous voulions collaborer avec Orbea parce que c'est une grande entreprise qui se trouvait près de chez nous. Grâce à Jon et au président du Conseil général, nous avons passé un accord avec Orbea selon lequel la société nous fournirait du matériel en échange de contribuer à son rayonnement. Je dois beaucoup à Orbea car, sans elle, ce projet serait mort deux ans après sa naissance, à cause des égos des coureurs, de leurs représentants, etc. Une espèce de jungle très difficile à vivre. Jon nous a toujours donné de très bons conseils. Passer le cap de la deuxième à la troisième année fut très difficile. Je veux parler de 1996. Si nous ne trouvions pas de sponsor, nous allions au-devant de graves problèmes.

Que saviez-vous sur Orbea dans le domaine de la compétition ?

Que c’était une grande entreprise. À une époque, chez les amateurs, Zeus était la marque la plus répandue. Après son absorption par Orbea, nous avons tous rejoint Orbea. Zeus possédait son centre d’opérations à Matiena et nous avons étroitement collaboré avec eux.

Comment était l’équipement ?

L’équipement de cette époque n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui, mais il répondait parfaitement à nos attentes d’alors.

Comment furent les débuts ?

Très difficiles. Je me souviens que mon appartement fut saisi en 1995. L’argent était insuffisant pour satisfaire les exigences des coureurs. Ce fut une période vrai­ment difficile, mais nous avons été très soutenus.

L’arrivée d’Euskaltel-Euskadi a-t-elle été décisive ?

Tout à fait. Ce fut par l’entremise de Juan José Ibarretxe, ancien cycliste et grand amateur. Elle nous a permis d’entrevoir la lumière au bout du tunnel, bien qu’Orbea a toujours été présente dans ce processus. Dès lors, nous avons commencé à grandir, jusqu’à devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Et il faut admettre que sans l’aide cruciale d’Orbea, les choses se seraient déroulées autrement. Tout s’est passé entre Jon et moi. Nous nous sommes parfaitement entendus. La Fondation Euskadi a toujours été parmi les meilleures. Nous l’avons constaté pendant les douze Tours auxquels j'ai participé, les neuf Giros et les quatorze Vueltas.

Cependant, l'objectif premier, essentiel a toujours été de participer à un Tour de France.

Ibarretxe n’avait qu’une idée en tête : qu’une équipe basque arrive aux Champs-Élysées. Je me suis énormément battu pour participer au Tour. Je savais que quel que fût le moyen, je devais rencontrer Jean-Marie Leblanc, accompagné par Ramón Mendiburu en tant que traducteur. Il me dit qu’Euskaltel-Euskadi avait des chances de participer au Tour parce qu’il était intéressé à l’idée de nous avoir dans les Pyrénées. Nous y sommes finalement parvenus.

Quels sont pour vous les coureurs décisifs dans l’évolution de ce projet ?

Lorsque nous sommes passés chez les professionnels, le coureur qui a le mieux représenté la Fondation a été Roberto Laiseka. Ce fut aussi le cas d’Iban Mayo et, sur le long terme, de Samuel Sánchez, qui a été non seulement un grand cycliste, mais aussi un coureur très intelligent qui est toujours allé de l’avant malgré les difficultés. Bien avant qu'il réalise tous ses exploits, Samuel avait déjà largement contribué au cyclisme basque et à la Fondation. Je n’oublie évidemment pas l’apport fondamental d’Haimar Zubeldia.

Pourquoi la « marée orange » était-elle orange ?

C’est un projet 100 % basque, à tous les niveaux. Orbea, Etxe Ondo et Astore ont été trois marques basques qui ont soutenu le projet. À ces marques s’a­joutent les véhicules d’Irizar et la couleur orange a pris les Pyrénées parce que nous avons cédé ce privilège à l’Euskaltel-Euskadi. Elle aurait pu avoir la couleur blanche ou verte de la fondation, mais ce fut l'orange.

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