#Ride : les premiers coups de pédales

La passion surgit essentiellement à des moments très significatifs. La vidéo #Ride, consacrée aux filles de l'équipe professionnelle Bizkaia Durango, est la première partie de notre trilogie #RideFightWin que nous souhaitons centrer cette année sur le cyclisme féminin. #Ride nous parle des premiers coups de pédale, comment et pourquoi la passion du vélo surgit à un moment donné.

À l'âge de 7 ans, Lourdes Oyarbide (Egino, Álava, 1994) donnait ses premiers coups de pédales dans l'école de cyclisme d'Aratz-Araia, mais elle ne savait pas qu'un jour elle participerait avec son Orbea Orca à des épreuves internationales, des championnats du monde et d'Europe. « Je m'amusais bien et puis c'était une excuse pour passer du temps à l'extérieur pendant la semaine. C'était comme une petite aventure », confie-t-elle.

Dans son école de cyclisme, Lourdes a parfois pédalé en compagnie de 50 à 60 enfants. « Aujourd'hui, ils sont une vingtaine par catégorie. Les parents ont peur d'emmener les enfants dans la montagne ou sur la route. Ils préfèrent les savoir dans un complexe sportif, sous contrôle, et la formation des jeunes en est directement affectée ».

Mavi García (Palma de Majorque, 1984) se consacre au cyclisme depuis peu, après être passée par le patinage, l'athlétisme et le duathlon, une spécialité qu'elle pratique encore avec succès (elle a été troisième dans la catégorie féminine et première en relais mixte lors du dernier Championnat du monde). Mieux encore, elle vient de remporter le Championnat d'Espagne ! « Mon frère était un fanatique du vélo. Un jour j'ai fait un duathlon sans presque jamais avoir touché un vélo, et j'ai gagné. J'ai compris que j'avais un certain potentiel. Un ami a parlé à la Fédération et ils m'ont mis en contact avec les responsables de l'équipe Bizkaia-Durango. J'ai fait un essai et ils m'ont engagée », déclare-t-elle.

Lourdes et Mavi font partie de la Bizkaia-Durango, l'une des équipes féminines sur lesquelles avec la Visit Dallas DNA Pro Cycling et la Michela Fanini, nous misons une année de plus pour porter le cyclisme féminin au plus haut niveau dans toutes les catégories. Une saison pendant laquelle nous avons mis beaucoup d'espoirs sur les incorporations à l'équipe d'Enduro ou au Primaflor-Orbea, sans oublier la Luna Pro Team et nos triathlètes.

Les deux coureuses représentent les deux faces d'un sport qui lutte pour s'imposer et obtenir une professionnalisation accrue, en particulier en Espagne.

La cycliste d'Egino nous explique : « Des progrès ont été réalisés, mais il reste beaucoup à faire : les calendriers sont fixés trop tard, les itinéraires sont modifiés au dernier moment… Tout cela empêche de planifier quoi que ce soit ».

Mavi raconte à cet égard deux expériences personnelles : « J'avais une course un samedi et un dimanche, et le jour même où je prenais mon vol depuis les Baléares pour participer à celle du samedi, ils ont annulé celle du dimanche. Si je n'avais participé qu'à celle du dimanche, j'aurais fait un voyage pour rien. Une autre fois, l'épreuve du sprint spécial a été annulée parce que les arbitres ne sont pas arrivés à l'heure ».

Tout pour le cyclisme

Mais, il en faudrait beaucoup plus pour décourager les deux cyclistes de la Bizkaia-Durango. Elles se battent encore plus durement pour continuer à s'améliorer et pour que le cyclisme féminin atteigne un public plus large. D'ailleurs, cette première année à pédaler a été tellement bénéfique pour Mavi qu'elle a demandé son premier congé autorisé en plus de dix ans, pour continuer à s'entraîner.

« Au cours des dernières années, j'avais une longue coupure à midi. J'entraînais pendant cette pause et j'allais courir après le travail. Je profitais également des vacances pour participer aux compétitions. Je mangeais debout, je ne me reposais pas… alors je ne pouvais pas être au même niveau qu'une professionnelle. C'est pourquoi j'ai pris ce congé. Cela fait un mois maintenant et je me sens parfaitement bien », nous confie-t-elle.

« Dans mon cas –nous confie Lourdesje dois remettre le travail de fin d'études dans peu de temps et je fais aussi un stage en entreprise. Je travaille 8 heures, ensuite je m'entraîne… c'est dur. J'ai même envie de lire un livre, alors que je n'ai jamais aimé ça ! ».

Le défi de la professionnalisation

« En Espagne, c'est la catastrophe. À l'étranger, une équipe te recrute et elle te procure un statut de professionnelle. Ici, le cyclisme féminin n'est pas bien considéré », affirme Mavi.

Lourdes est du même avis. « Prenez Sheyla Gutiérrez et Ane Santisteban. La première a intégré la Cylance-Inspire et Ane à l'Alé Cipollini, et cela se voit dans leur évolution. Toutes les autres étudient, travaillent ou font les deux à la fois, et c'est difficile de progresser de cette façon ».

« Aujourd'hui, nous sommes dans une petite équipe -continue la cycliste d'Egino- et nous avons la chance de pouvoir courir à l'extérieur et de bénéficier du même calendrier que d'autres équipes, ce qui nous permet d'acquérir de l'expérience. Nous ne profitons pas des mêmes avantages que les autres, mais nous sommes très contentes du comportement et du travail de l'équipe ».

La route vers l'égalité

L'apparition de l'UCI Women´s World Tour cette année, un calendrier de 17 épreuves qui a commencé le mois dernier et qui s'achèvera en septembre, donne un peu d'espoir à Lourdes. « Cela permet d'espérer que l'égalité est au bout du chemin et que les cyclistes seront considérés de la même façon quel que soit leur sexe. La télévision commence à retransmettre certaines épreuves et le fait que les filles courent juste après les hommes favorise la présence du public », ajoute la coureuse.

Mavi est du même avis. « Si le cyclisme féminin était un peu plus professionnalisé, tout le monde en profiterait. Le fait de réunir des épreuves masculines et féminines est une très bonne chose. Mais, en Espagne, nous partons parfois 10 minutes après les hommes et personne ne le sait. Le problème réside surtout dans la médiatisation de ce sport », dit-elle pour conclure.

La trilogie #RideFightWin se poursuit en octobre avec la double championne Ironman et triathlète d'Orbea Åsa Lundström pendant les jours antérieurs à sa troisième participation à l'une des compétitions les plus dures au monde : l'Ironman d'Hawaï.


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