Tout est une question de point de vue

Puis, en été bien sûr, avec les grands Tours. Nous sommes très peu à ce moment-là à nous rendre compte des efforts qu'ils doivent réaliser, des kilomètres accumulés et des heures passées sur une selle.

Tout est une question de point de vue. Ainsi, installés dans notre salon, nous suivons le Tour de France tout en somnolant, sans penser que les efforts réalisés à cet instant ne sont en réalité que la pointe d'un iceberg.


En fait, il se peut qu'une minute soit très peu de chose si nous pensons que pour arriver jusque-là, le cycliste a dû faire 25 000 km depuis le début de l'avant-saison. Ou, ce qui revient au même, 60 000 minutes assis sur la selle à une vitesse moyenne de 25 km/h. Cela fait froid dans le dos.

Pour être sincère, je dois dire que je me suis souvent imaginé dans la peau du héros de ces batailles épiques vues à la télévision, en admirant Perico ou Miguel atteindre le sommet les premiers, mais aussi les champions actuels, Contador ou Nibali, les yeux écarquillés et pleins de vie.

J'ai l'habitude d'affirmer, et je l'affirme à nouveau, que le cyclisme est l'un des rares sports que l'on peut pratiquer dans des conditions totalement identiques à celles des professionnels. Nous pouvons acheter le même matériel (une norme l'exige), nous habiller comme eux et surtout, ce qui pour moi fait toute la différence, si nous le voulons, pédaler sur chaque kilomètre des étapes qu'ils ont réalisées. Tout le monde.

Qui peut jouer un match avec des amis dans le Stade de France ? Qui peut taper quelques balles sur le cours central de Roland Garros ? Ou qui peut réaliser quelques tours sur le circuit de Monaco dans une Formule 1, comme Fernando Alonso ? Personne.

“À une époque où la mode consiste à dévaluer le cyclisme comme un sport truqué et dopé, pour moi il reste l'illustration parfaite de la devise suivante :SI ON VEUT, ON PEUT. Ce n'est qu'une question d'engagement, d'effort, de sacrifice et de persévérance”

Alors, quand Orbea m'a proposé de revivre la cinquième étape du dernier Itzulia (Tour du Pays basque), je n'ai pas hésité une seconde, et dès que j'ai accepté, j'ai revu tous les films que je possède pour m'imprégner de cette étape. Très vite, j'ai pensé : il faut que tu t'entraînes, bon sang !

Le parcours de l'étape qui était partie d'Eibar pour atteindre Aia, pendant l'Itzulia 2014, avait été rapide et excitant, mais d'une beauté incomparable. Comme s'il s'agissait d'une romance estivale.

Pour savoir qui a gagné ce jour-là, il suffit de chercher sur Internet : Mikel Landa.Mikel a franchi en solitaire et au sommet de son excitation une ligne d'arrivée très particulière par sa nature et le dénivelé des derniers mètres, atroce et éprouvant entre tous.

Nous quittons Mallabia en direction d'Eibar, berceau et centre névralgique d'Orbea. Nous avons voulu le faire comme un hommage au parcours d'Orbea, à son engagement envers un sport comme le cyclisme, pour qu'il reste présent et vivant au cœur du Pays basque.

Eibar nous a accueillis parée de ses plus beaux atours, mais fatiguée après sa fête patronale, et ce dimanche matin où les drapeaux ornaient toutes les façades, nous étions les seuls cyclistes et promeneurs.

Le « mur » infranchissable et ultime d'Aia occupant sans doute toutes nos pensées, nous avons pédalé sans précipitation, comme dans la crainte de ce qui nous attendait à l'arrivée.

Sur une carte, la route est spectaculaire, sur un vélo, encore plus. Le jour se lève dans l'intérieur de Guipuscoa pour nous laisser littéralement tomber vers la mer à Mutriku, le long de la descente du col de Kalbario, difficile à décrire avec des mots. Le col est facile à monter, c'est le premier et nous nous sentons forts, puis une fois au sommet, la vue de la descente est magnifique.

Mutriku est un village de pêcheurs de toute beauté, recueilli sur lui-même, comme concentré sur ce qu'il sait faire et ce qu'il doit faire. Vivre pour et grâce à la mer.

Sur la fabuleuse route de la côte, nous nous sommes laissés porter jusqu'à Deba, pour commencer l'ascension vers Itziar, longue et difficile, bien que supportable, d'autant plus que nous savions qu'elle n'était pas la vedette de la journée, celle-ci étant encore à venir.

Zumaia et Getaria apparaissent très vite et constituent un point d'inflexion sur la route. Un arrêt pour manger un morceau au pied du col nous indique que l'heure des vraies difficultés est arrivée.

Nous laissons la mer et Getaria derrière nous, et parmi les vignes de Txakoli, nous retournons à nos pédales et à notre sueur. Garate est un col impressionnant, l'un de ceux à ne pas faire sans préparation, car il peut vous marquer à vie.

En pédalant vers l'intérieur, nous commençons à ressentir le poids des kilomètres et l'ascension jusqu'à Urraki semble interminable. Urraki est l'un des ces ports peu fréquentés, mais qui demande une somme d'efforts sans précédent. Avec un début dévastateur à 12 %, un petit replat et un final en apothéose, il s'agit du terrain idéal pour éprouver les amateurs inconditionnels de « l'escalade » à vélo.

Atteindre le sommet est déjà une victoire en soi, mais si l'on pense qu'il reste encore Alkiza et Aia, le rêve peut tourner au cauchemar.

Si la descente vers le « cœur » de Guipuscoa n'offrait pas à chaque virage un panorama de carte postale, j'aurais sans doute arrêté ici-même, avec un sentiment de déroute causé par le « mur » à venir d'Aia qui résonne dans ma conscience.

Tolosa nous offre une légère pause et nous permet de monter Alkiza avec des énergies renouvelées et la force nécessaire. L'ombre de ses arbres touffus nous protège et nous rafraîchit, et nous arrivons au but sans presque nous rendre compte. La brève descente vers Aia n'est qu'un avant-goût de ce qui sera l'une des sensations les plus indescriptibles que l'on peut ressentir sur un vélo.

Je ne sais pas qui a gagné cette étape, et personne ne se souviendra que j'étais là-bas, victorieux dans l'ascension. Pourtant, je n'oublierai jamais que, comme Mikel Landa, j'ai posé fièrement le pied sous l'église d'Aia, comme si j'avais conquis le monde, en sachant que cette romance estivale allait m'accompagner pour le reste de mes jours.

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